Les chiffres définitifs sont connus pour les performances européennes de Tesla en 2025 : les ventes se sont effondrées de 27,8 %, passant de 326 000 unités à 235 322, certains pays comme l’Allemagne et la France ayant des performances nettement moins bonnes (en baisse de 48,4 % et 37,5 %, respectivement). Le pionnier des véhicules électriques (VE) est désormais confronté à des défis considérables de la part des nouveaux venus sur le marché chinois, ainsi qu’à une répulsion persistante face aux activités politiques du directeur général Elon Musk.
L’Allemagne, ancien moteur de croissance continentale de l’entreprise, a connu un effondrement de 48,4 %, passant de 37 574 véhicules à 19 387, tandis que la France a chuté de 37,5 % à la suite de modifications réglementaires qui ont disqualifié les variantes du modèle 3 fabriquées en Chine de l’éligibilité aux incitations. La Suède et la Belgique ont enregistré les baisses les plus fortes, soit 66,9 % et 53,1 % respectivement, les deux pays ayant réduit leurs programmes de soutien aux véhicules électriques. D’autres marchés ont également connu des baisses substantielles, notamment le Danemark (-41%), les Pays-Bas (-44,5%) et la Finlande (-29,6%).
L’Espagne a enregistré la plus faible baisse, à 4,1 %, tandis que le Royaume-Uni reste le plus grand marché européen de Tesla malgré une baisse de 9,6 %, à 45 513 immatriculations. La Norvège a été la seule exception avec une croissance de 41,3 % à 34 285 unités, bien que la plupart des gains se soient concentrés sur les deux derniers mois, les consommateurs ayant accéléré leurs achats avant les changements d’incitations de 2026, rendant les véhicules électriques plus coûteux inéligibles à certains avantages fiscaux. La hausse de la demande en Norvège suggère que Tesla pourrait effectivement être confrontée à des conditions difficiles en 2026.
Les difficultés de Tesla se reflètent dans l’ascension fulgurante de BYD, dépassant le premier en Allemagne et au Royaume-Uni pour l’ensemble de l’année 2025. BYD a immatriculé 23 306 véhicules en Allemagne, soit une multiplication par huit d’une année sur l’autre, aux côtés de 51 422 unités au Royaume-Uni. Ce changement s’est produit alors que BYD se développait à l’international malgré les difficultés du marché intérieur, la berline Dolphin gagnant du terrain sur les marchés européens.
Le directeur général Elon Musk – tant en termes de ses appels stratégiques que de ses incursions politiques – est fréquemment cité comme la raison de ce retour en arrière. D’une part, Musk a opposé son veto aux projets de véhicules électriques à faible coût, se concentrant plutôt sur la création de variantes légèrement moins coûteuses des modèles existants. De l’autre, l’allégeance de Musk au président américain Donald Trump, ainsi que ses soutiens et ses apparitions en faveur de l’extrême droite européenne, notamment de Tommy Robinson au Royaume-Uni et du parti allemand Alternative für Deutschland, ont suscité la colère de la clientèle historiquement libérale de Tesla.