Mitsubishi Electric envisagerait de vendre une participation de 50 % dans sa filiale de pièces automobiles, Mitsubishi Electric Mobility, à la société taïwanaise Hon Hai Precision Industry, mieux connue sous le nom de Foxconn, avec un accord final attendu d’ici mai 2026. Nikkeï les rapports indiquent que les deux sociétés exploiteront conjointement l’entreprise, qui risquait d’être entièrement désinvestie avant le choix de la structure de partenariat.
L’accord vise à tirer parti des avantages de Foxconn en termes de coûts de fabrication et d’échelle pour renforcer la position concurrentielle du fournisseur. La filiale a réalisé un chiffre d’affaires de 919,2 milliards de yens (5,8 milliards de dollars) pour l’exercice clos en mars 2025, tiré principalement par son activité d’équipement automobile, spécialisée dans les alternateurs et démarreurs.
Cette transaction est la dernière d’une série de mesures par lesquelles Foxconn a tenté de s’imposer dans le secteur automobile japonais, une industrie historiquement résistante à la pénétration extérieure. Plus tôt en 2026, Foxconn et Mitsubishi Fuso Truck and Bus Corporation ont annoncé leur intention de créer un constructeur de bus zéro émission basé au Japon, donnant ainsi à Foxconn un pied de production sur le sol japonais pour la première fois.
Mitsubishi et Foxconn ont également convenu de co-développer un SUV électrique à batterie basé sur la plate-forme ouverte MIH de Foxconn, avec des ventes initiales ciblées sur l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Le SUV est une version légèrement révisée du Foxtron Model B, lui-même développé via une coentreprise distincte avec Yulon Motor. À Taiwan, la version de production de ce véhicule a été récemment lancée sous le nom de Foxtron Bria.
Après avoir échoué à acquérir un État contrôlant l’un des anciens constructeurs automobiles japonais – comme elle l’avait tenté avec Nissan en 2025 mais sans se heurter à une résistance institutionnelle importante – la stratégie de Foxconn semble désormais s’orienter vers une présence systémique dans la chaîne d’approvisionnement automobile du pays. Les entreprises de composants et les partenariats pour véhicules utilitaires représentent sans doute une logique financière sans doute plus difficile à refuser, mais aussi une présence moins intrusive que les tentatives d’acquisition directe.
L’effort de Foxconn dans la chaîne d’approvisionnement de Mitsubishi est parallèle à son entrée dans la fabrication de batteries et de véhicules électriques (VE). La société a ouvert une gigafactory LFP à Taïwan en mars 2025, avec une capacité initiale prévue de 1,2 GWh et des ambitions pour des installations ultérieures de dix GWh ou plus. Le président Young Liu a explicitement formulé les ambitions automobiles de l’entreprise autour du modèle de fabrication sous contrat, offrant essentiellement aux équipementiers un accès à des plates-formes de véhicules électriques et à des capacités de production partagées. En échange, les efforts de Foxconn pour devenir le partenaire dominant de premier plan du secteur sont renforcés, quelles que soient les résistances politiques.