Mercedes-Benz a conclu un accord avec le National Labor Relations Board (NLRB) des États-Unis au sujet de prétendues tentatives antisyndicales lors de la campagne de syndicalisation de l’UAW en 2024 dans son usine d’Alabama. Aux termes de l’accord, Mercedes doit distribuer un avis aux employés indiquant qu’elle ne menacera pas de fermer l’usine ou de déménager vers un site non syndiqué, qu’elle ne menacera pas de perdre ses avantages sociaux et qu’elle ne surveillera ni n’interrogera illégalement les travailleurs sur des activités syndicales suspectées.
L’accord met un terme aux retombées d’un vote de mai 2024 au cours duquel les travailleurs ont rejeté la représentation des Travailleurs unis de l’automobile par 2 642 voix contre 2 045. Le syndicat a immédiatement contesté ce résultat, alléguant que Mercedes-Benz était intervenue illégalement pour empêcher un scrutin équitable. Les violations présumées comprenaient des réunions antisyndicales obligatoires à l’usine, des représailles contre des partisans du syndicat et le licenciement d’un travailleur prosyndical sous de faux prétextes. Une requête distincte du NLRB visant à annuler le résultat des élections reste en attente.
L’usine de Vance emploie environ 6 000 personnes et constitue le principal site de production mondial de Mercedes-Benz pour les gros SUV de luxe, avec environ les deux tiers de sa production exportée vers plus de 135 marchés via le port de Mobile.
Dans un communiqué, Mercedes-Benz a souligné qu’elle n’avait reconnu aucun acte répréhensible dans le cadre du règlement. Au contraire, il a simplement accepté de ne pas prendre de telles mesures à l’avenir. « Nous sommes impatients de travailler directement avec les membres de notre équipe sur des mesures garantissant que nous restons un employeur de choix et offrons un environnement de travail sûr et favorable.
L’UAW s’est opposé aux termes du règlement, arguant que la direction de Mercedes-Benz devrait être tenue de lire l’avis de droits à haute voix aux travailleurs plutôt que de simplement le publier en ligne là où il serait autrement enterré. Le personnel régional du NLRB a rejeté cette condition, l’avocate générale Crystal Carey déclarant qu’une lecture orale obligatoire est réservée exclusivement aux cas plus flagrants de violations du droit du travail. Malgré l’objection du syndicat, l’agence a approuvé le règlement dans sa forme actuelle.
L’affaire semble avoir des implications bien au-delà de l’Alabama. L’UAW a déposé une plainte distincte en vertu de la loi allemande sur le devoir de diligence en matière de chaîne d’approvisionnement, qui exige que les entreprises allemandes veillent au respect des droits du travail dans l’ensemble de leurs opérations mondiales. L’agence allemande BAFA a ouvert une enquête formelle ; une condamnation contre Mercedes pourrait entraîner des amendes allant jusqu’à 2 % de son chiffre d’affaires mondial.
Le front juridique allemand constitue sans doute le point de pression le plus important. Les accords du conseil du travail américain sont généralement prospectifs et non punitifs par nature, mais une conclusion de la BAFA entraînerait des sanctions financières et une atteinte à la réputation du siège social de l’entreprise. Il est donc fort probable que la direction de Mercedes-Benz à Stuttgart suivra l’enquête allemande de bien plus près que l’obligation d’affichage d’avis en Alabama.
L’usine Mercedes-Benz en Alabama reste la seule de son réseau de production mondial sans représentation syndicale.