Unifor et GM concluent un accord qui suit le modèle de Ford

Le syndicat canadien Unifor a conclu un accord de principe avec General Motors couvrant environ 4 600 travailleurs en Ontario, après 12 jours de négociations et devenant ainsi le deuxième des Trois de Détroit à régler avec le syndicat cette année. L’accord a été conclu quelques heures après que les États-Unis ont imposé des droits de douane de 50 % sur environ 20 milliards de dollars américains de produits canadiens, une coïncidence dans le moment où Unifor a utilisé ses engagements en matière de fabrication nationale comme contrepoint direct au conflit commercial, même s’ils ont été négociés entièrement séparément.

L’accord s’étend sur deux contrats distincts : un contrat couvrant l’usine d’assemblage d’Oshawa, l’usine de propulsion de St. Catharines et le centre de distribution de pièces de Woodstock, et un contrat distinct pour l’usine d’assemblage inutilisée de CAMI à Ingersoll, en Ontario. Cette dernière est considérée comme une affaire distincte en raison de son origine en tant que coentreprise avec Suzuki. Le comité directeur de négociation des directeurs généraux d’Unifor a approuvé l’accord à l’unanimité, même si ses modalités détaillées n’ont pas été publiées avant les réunions de ratification prévues les 29 et 30 août.

Dans une déclaration, Trevor Longpre, président des négociations principales du directeur général d’Unifor, a rendu explicite le lien avec l’accord précédent de Ford. Selon ses propres termes, le syndicat « a conclu un accord qui confirme le modèle établi par notre syndicat avec Ford », établissant une tentative claire de créer un précédent en matière de négociation dans un contexte de volatilité commerciale aux États-Unis. Gué ratifié son propre contrat de trois ans avec Unifor en juillet, couvrant environ 5 150 travailleurs avec une augmentation salariale cumulative de 9 % et 900 millions de dollars canadiens (645 millions de dollars américains) en nouveaux investissements dans le réseau de production canadien du constructeur automobile.

L’accord Ford a toujours été censé servir de point de référence d’ouverture pour les négociations de GM, étant donné que les contrats de GM et de Stellantis expiraient tous deux à peu près dans la même fenêtre. En effet, il existe des chevauchements évidents à la fois dans la stratégie apparente et dans les détails, même s’ils ne sont pas exhaustifs. L’accord de Ford associait ses gains salariaux à des engagements en capital spécifiques : 500 millions de dollars canadiens pour les opérations de Windsor, y compris un troisième changement de moteur, et 400 millions de dollars canadiens pour les lignes d’estampage d’Oakville qui soutiennent le pick-up Super Duty. L’accord de GM, tel qu’il est connu actuellement, n’offre pas cela ; il offre des améliorations de revenus et de prestations sans aucun chiffre d’investissement comparable.

Il n’est pas clair si de tels engagements apparaîtront au fur et à mesure de la ratification de l’accord, et cette incertitude laisse l’usine CAMI d’Ingersoll la plus exposée. Environ 1 000 travailleurs y ont été licenciés lorsque GM annulé production du fourgon électrique Chevrolet BrightDrop en octobre 2025 en raison de la faible demande. À l’époque, les effectifs avaient déjà été réduits à moins de la moitié de leurs effectifs trois ans auparavant, lors de la fabrication du moteur à combustion interne Chevrolet Equinox. GM Canada a seulement déclaré que le site « continue d’être évalué pour de futures opportunités », laissant les perspectives à long terme de ces travailleurs résolues par le contrat parallèle de samedi plutôt que soutenues par un plan de réinvestissement confirmé.

Les accords Ford et GM partagent désormais la même vulnérabilité sous-jacente, une vulnérabilité à la lumière de laquelle ils ont été très consciemment négociés. Les négociateurs américains continuent de faire pression pour une augmentation de 7 points du seuil de teneur en valeur régionale de l’AEUMC, à 82 %, avec la moitié de la valeur spécifiquement requise pour être originaire des États-Unis. Si elle est adoptée, cette mesure pèsera sur l’économie des usines canadiennes, quelles que soient les conditions salariales et de sécurité d’emploi fixées dans l’un ou l’autre des contrats. En effet, la décision de l’administration Trump de ne pas accorder un renouvellement automatique de 16 ans a laissé les trois pays négocier indéfiniment dans le cadre d’un processus d’examen annuel à durée indéterminée.

Parmi les Trois de Détroit, il ne reste que Stellantis, et Unifor cherchera probablement une autre itération du même modèle d’accord de base. De toute évidence, le syndicat a conclu que des revendications modérées et une relative uniformité dans ses négociations constituent le pari le plus sage en période d’instabilité commerciale. Les derniers efforts des États-Unis pour déstabiliser les relations et rétablir un droit de douane de 50 % sur certains produits pourraient inciter à une plus grande prudence encore.